Le retrait des néonicotinoïdes signe-t-il le retour de la jaunisse dans les champs ?

juillet-aout 2018 Référence : 201807082227 Auteur(s) : Frédéric BOYER et Céline GOUWIE, Institut Technique de la Betterave Retour >>

L’interdiction des insecticides de la classe des néonicotinoïdes, prévue dans la loi biodiversité, pourrait être effective dès septembre 2018 en France, si le gouvernement n’accorde pas la dérogation réclamée par la filière. Ceci conduirait à une campagne 2019 inédite pour le contrôle de nombreux bioagresseurs, dont les pucerons vecteurs de jaunisses virales. La jaunisse impacte la productivité de la betterave, notamment dans les zones situées en climat océanique. Grâce à l’observatoire VIGIBET, constitué d’un réseau d’une trentaine de parcelles semées sans traitement de semences insecticides et non traitées en végétation, l’ITB évalue, chaque année depuis 2010, la pression de cette maladie. En 2017, la prévalence virale observée au sein du réseau a été légèrement supérieure à la moyenne pluriannuelle. La fréquence de sites touchés, parfois importante, ne préjuge cependant pas de la gravité des infections, qui est globalement faible dans notre réseau, situé au cœur d’un environnement largement protégé par les néonicotinoïdes. Une conséquence possible de cette interdiction pourrait être le retour des traitements en végétation par des pyréthrinoïdes et des carbamates, bien que le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), principal vecteur de la jaunisse, soit désormais résistant à ces familles chimiques. Pour limiter au mieux les conséquences de cette situation, il est nécessaire d’évaluer le risque encouru par les planteurs et de rechercher des solutions alternatives de lutte efficaces et durables.