Evolution des prix du sucre dans l’Union européenne depuis la fin des quotas sucriers : quel bilan ?

juillet-août-2021 Référence : 20210708-20-22 Auteur(s) : Timothé MASSON, expert marchés CGB et ARTB Retour >>

La fin des quotas betteraviers en Europe était vue par certains de ses promoteurs, comme l’occasion d’adapter le volume de production à la demande. Or, le marché mondial, très volatil, présente :
• des opportunités ponctuelles lors desquelles la filière française a toute sa place,
• et des menaces récurrentes pendant lesquelles la filière pourrait faire le choix de restreindre son offre pour limiter son exposition.
Sans outil de gestion des marchés (hors aide au stockage privé), et en dehors du rôle de tampon offert par le bioéthanol, c’est bien le facteur ‘prix du sucre’ qui peut être en mesure de jouer ce rôle régulateur. Mais quatre ans après la fin des quotas,
on constate que les prix de livraison du sucre sur le territoire communautaire peinent à suivre les fondamentaux européens et, par ricochet, le prix de la betterave. Cette situation limite l’adaptation de l’offre à la demande, et c’est finalement des facteurs non choisis par la filière (sécheresse en 2018 et 2019, jaunisse en 2020) qui ont, principalement, dicté le niveau de production communautaire. Après 2 ans de mar- ché communautaire déficitaire, la reprise des cours du sucre européen est restée modeste avec une répercussion directe sur des prix de betterave qui demeurent inférieurs aux coûts de production. Lors des semis 2021, a pu être constaté un découragement des betteraviers qui s’est traduit par une baisse des emblavements alors même que le marché mondial était en reprise.