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La performance environnementale au cœur des filières et entreprises alimentaires: la démarche d’éco-conception une source de compétitivité

La performance environnementale devient progressivement un facteur de développement incontournable pour les entreprises agroalimentaires, une source d’innovation et de différenciation. La plus forte intégration des aspects environnementaux dans les procédés de fabrication implique une montée en compétence des acteurs et des outils adaptés et reconnus afin de piloter cela. L’ADEME et ses partenaires travaillent depuis plusieurs années afin de fournir des références environnementales pour le secteur agricole et agro-alimentaire, en particulier en s’appuyant sur les approches d’Analyse de Cycle de Vie. Les entreprises peuvent se saisir de ces outils afin d’évaluer leur positionnement actuel et d’explorer différentes voies de progrès et stratégie. Ces approches invitent à élargir le champs de vision, et mettent en évidence l’interconnexion des acteurs de l’amont agricole, de la transformat ion et de la distribution afin de construire la performance environnementale des produits et gammes d’aliments. Elles sont sources d’innovations techniques (évolution des pratiques agricoles, machinisme, process industriels, solutions logistiques etc.), mais également d’une évolution des relations entre acteurs (contractualisation, intégration de la dimension environnementale dans les cahiers des charges, évolution du choix des fournisseurs etc.). L’ADEME soutient activement le développement de projets pilotes d’écoconception dans les entreprises (coopératives, entreprises agro-alimentaires) et les filières (ex : marques régionales, marques collectives etc.) afin de bien identifier les bénéfices et clés de réussites de telles démarches. C’est aussi la mise en place progressive d’un réseau d’acteurs engagés dans la transition écologique, et faisons le pari, peut être leaders sur les marchés de demain.

ScanMat, une plateforme d’analyses multi-échelle pour le soutien à l’innovation : exemple de l’étude « Aquafaba »

Les jus de cuisson des légumineuses sont des solutions au fort pouvoir moussant. Dans le cas des pois chiches, le jus de cuisson appelé aquafaba, est utilisé comme substitut au blanc d’œuf dans des préparations à base de mousse. La plateforme Rennaise ScanMat, spécialisée dans l’analyse multi-échelle (moléculaire à macroscopique) des matériaux et des matrices, a cherché à résoudre le mystère des mousses d’aquafaba. Grace à une étude reliant l’analyse de la composition chimique à l’activité de surface et aux propriétés moussantes, nous démontrons que les molécules et les mécanismes mis en jeux diffèrent du cas du blanc d’œuf. Nous mettons en évidence une formation rapide des mousses due à de petites molécules tensioactives ainsi que le ralentissement du vieillissement résultant de structures macromoléculaires augmentant la viscosité et bloquant le drainage.

L’analyse des odeurs dans les matrices alimentaires.

L’analyse des odeurs concerne tous les acteurs de l’industrie agro-alimentaires. Mais qu’est-ce qu’une odeur véritablement ? Comment la décrit-on ? Qu’est-ce qu’un seuil de perception ? Et enfin comment peut-on analyser et interpréter une odeur ? Cet article répond succinctement à ces questions au travers d’exemples issus du laboratoire TWISTAROMA. Un cas concret d’étude des odeurs du café montre les possibilités offertes par ce type d’analyse.

La classification holistico-réductionniste Siga des aliments en fonction de leur degré de transformation

Il n’est pas usuel de classer les aliments selon leur degré de transformation. Pourtant le lien avec les maladies chroniques réside plus dans le degré de transformation que dans la composition des aliments. La classification brésilienne NOVA a été la première à proposer 4 groupes technologiques. Souhaitant la développer plus avant le projet Siga propose 9 groupes technologiques, des aliments les moins au plus transformés. Il intègre l’effet « matrice » des aliments/ingrédients, le degré de transformation des aliments/ingrédients, les teneurs en sel, sucre et gras et le nombre, la fonction, le risque potentiel et la redondance des additifs. Son objectif est d’aider consommateurs, industriels et distributeurs à s’orienter vers des aliments moins transformés sans stigmatiser certaines catégories d’aliments. Siga souhaite mettre en avant les aliments les plus intéressants pour la nutrition et la santé. Au final, le score Siga s’inscrit dans le cadre holistique d’un régime alimentaire répondant aux trois règles d’or (3V : Végétal, Vrai, Varié) : consommer principalement des aliments végétaux, pas trop transformés et variés. Mots-clefs : Aliments ; degré de transformation ; approches holistique et réductionniste ; classifications NOVA et Siga ; ultra-transformation

Faut-il des aides alimentaires en France ?

La santé, l’éducation et l’alimentation sont les trois biens fondamentaux. La France a privilégie l’éducation et la santé, les Etats Unis privilégient, quant à eux, l’alimentation. En France, les questionnements actuels sur le pouvoir d’achat, la ruralité, la transition énergétique ne laissent que peu de place aux problématiques alimentaires. Dans ce cadre, le présent article propose une autre approche, inspirée de la pratique américaine et qui pourrait contribuer à améliorer notablement et/ou à résoudre les problèmes révélés aujourd’hui en France par la crise sociale.

L’histoire du Cemafroid-Tecnea, le centre technique de la chaîne du froid et de la réfrigération

La chaine du froid est aujourd’hui indispensable dans notre société. Elle est garante de la sécurité et de la sureté alimentaire. Elle est indispensable à la distribution et à la préservation de la plupart de nos aliments. Les pays qui n’en disposent pas, ou pas suffisamment subissent de fortes pertes alimentaires, qui peuvent dépasser 50% de la production dans certains pays d’Afrique ou d’Asie, et connaissent des taux de maladies digestives élevées ayant un impact direct sur l’espérance de vie et la santé des populations. La France a inventé la chaine du froid il y a plus de 140 ans avec Charles Tellier le Père du Froid, Ferdinand Carré et tous ceux qui leur ont succédé depuis, mais ce n’est qu’à partir de la première guerre et par nécessité qu’elle s’est vraiment développée chez nous. L’organisation que nous lui connaissons aujourd’hui s’est mise en place après la seconde guerre mondiale et plus particulièrement dans les années 60 et 70. Les réglementations françaises ont imposé aux constructeurs de matériels des niveaux de qualité élevés et aux utilisateurs le choix de matériels performants faisant de la chaîne du froid française l’une des plus performantes aujourd’hui. Depuis bientôt 70 ans le Cemafroid, centre technique de la chaîne du froid et de la réfrigération accompagne les professionnels dans cette aventure avec ses laboratoires d’essais, ses activités d’expertise pour les utilisateurs et la certification des produits, des services et des hommes.

Partage de la valeur dans les filières agro-alimentaires et du droit à la concurrence

L’analyse de l’évolution du partage de la valeur ajoutée de la dépense alimentaire domestique montre qu’entre 1999-2014 la part de la valeur ajoutée de l’agriculture (hors restauration) a diminué de 30 % tandis que la part des industries alimentaires se détériore légèrement. Ce sont les importations finales, notamment en provenance de l’Union européenne, qui ont le plus progressé. Les services de restauration, les transports et la logistique ainsi que le commerce et la distribution voient leurs parts se consolider. L’analyse des marges ne renseigne pas totalement sur le pouvoir de marché de la distribution. Un certain nombre de mesures ont été prises pour tenter de rééquilibrer la valeur ajoutée de l’amont agricole : réaffirmation de la Cour de justice européenne de la primauté de la politique agricole commune sur les règles de concurrence mais seulement en faveur des groupements de producteurs lors de la première mise en marché, règlement Omnibus qui permet des clauses de partage de la valeur toujours au stade de la première mise en marché. Les organisations interprofessionnelles peuvent construire des indicateurs sur lesquels les organisations de producteurs peuvent s’appuyer mais seulement à partir de données du passé. Enfin, la loi pour l’équilibre des relations commerciales prévoit l’intervention des ordonnances pour l’augmentation du seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions et les règles sur les pratiques de vente restrictives de concurrence. Ces améliorations des règles de concurrence ne suffisent pas pour garantir aux producteurs des prix stables et rémunérateurs alors que les pouvoirs publics se désengagent depuis 10 ans des politiques d’organisation des marchés. Ce désengagement ne doit pas aller jusqu’à empêcher les filières agroalimentaires de pouvoir s’organiser par des politiques de gestion de l’offre qui, pour l’instant, sont, a priori, condamnées au nom du risque d’abus de position dominante, bien improbable, au profit des producteurs et aux dépens des consommateurs. Un rééquilibrage doit conduire à privilégier les capacités des interprofessions à fournir des indicateurs prévisionnels aidant les agriculteurs à repérer, malgré l’instabilité des marchés, favoriser une politique contractuelle souple et à l’initiative des professionnels, organiser une concertation transparente avec les secteurs de la distribution pour dépasser les blocages et les rigidités résultant notamment d’une compétition débridée entre les enseignes.

Impact de la vitesse des marteaux sur les relations Granulométrie (D50) / Énergie spécifique électrique et Granulométrie (D50) / Débit lors du broyage d’aliments du bétail par un broyeur à marteaux

Cette étude a été menée sur une ligne de broyage (broyeur à marteaux) d’un site industriel de production d’aliments pour animaux.
L’influence de 3 paramètres (formules d’aliments, vitesse des marteaux, grille) a été étudié afin d’établir des modèles prédictifs du diamètre médian par tamisage (D50) des broyats en fonction de la vitesse de rotation des marteaux et de la grille utilisée. Les formules, usitées lors de cette expérimentation, sont des aliments Truie, Porc charcutier, Volaille. Au cours de cette étude, il a été montré que l’énergie spécifique électrique est inversement proportionnelle à la granulométrie des produits broyés quelle que soit la formule. De plus,
il s’avère que les plages de vitesses de rotation des marteaux impactent la qualité des relations entre la consommation d’énergie spécifique électrique et le D50 et entre le débit du broyeur et le D50.

Élaboration d’une méthode d’étude de l’émissivité de poussières au cours de la manutention des matières premières

En nutrition animale, les matières premières sont manipulées essentiellement par des élévateurs à godets. Cette manutention génère de la poussière qu’il est nécessaire de maîtriser pour éviter son impact sur la qualité des produits et sur la sécurité du personnel. L’objectif de cette étude est de réaliser en condition pilote des essais permettant de mettre en place une méthode d’évaluation de l’impact de la manutention sur la génération de poussières de plusieurs matières premières (maïs, triticale, pois, colza) traditionnellement manutentionnées dans des stations de stockages ou dans des usines de transformation. Les essais ont montré que pour une matière première donnée, les fractions poussiéreuses ont des granulométries relativement voisines quelle que soit la zone de prélèvement. Ainsi, ces premiers essais ont permis de valider la faisabilité de cette méthode de caractérisation sur une installation pilote. De plus, les résultats obtenus montre une bonne répétabilité des essais en termes de granulométries des fractions poussiéreuses Ce constat permet d’avoir une idée assez précise de la distribution granulométrique des poussières contenues dans la station d’élévateur pilote en prélevant dans une seule zone ou en rassemblant toutes les poussières déposées dans l’élévateur en une seule fraction.

Décontamination d’aliments pour poulet par granulation

Suite à une réglementation européenne, la législation française demande à ce que dans certains aliments pour animaux, la flore en entérobactéries, considérée comme un marqueur des salmonelles, soit réduite d’au moins trois log au cours du process de fabrication et leur population finale dans l’aliment soit inférieure à mille entérobactéries par gramme. Cette étude a pour objectif d’évaluer l’influence de la granulation des aliments, sur les entérobactéries. Les essais de granulation sont menés sur une presse pilote à filière annulaire tournante, sur laquelle des aliments pour poule pondeuse ou pour poulet sont transformés selon des conditions de fabrication maîtrisées (température de conditionnement, durée de séjour dans la filière). Onze essais sont mis en place par aliment selon un plan d’expérience adapté à la modélisation de la réponse. Avant et après granulation, les aliments sont analysés afin de dénombrer leur population en entérobactéries. Le traitement statistique des résultats obtenus est une régression multilinéaire et permet, in fine, de définir les couples durée / température associés aux objectifs de décontamination.